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Charles De Gaulle
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Le Bureau du Conseil économique, social et environnemental préconise l’abandon, dans les conditions actuelles, du projet de fiscalisation de certaines indemnités d’accident du travail.
Le président de l'Assemblée nationale, M. Bernard ACCOYER, a décidé de consulter le Conseil économique, social et environnemental sur la fiscalisation éventuelle des indemnités d'accident du travail (cf. " BQ" des 29 et 30 septembre et du 1er octobre). Rappelons (cf. " BQ" du 24 septembre) que cette proposition, avancée par M. Jean-François COPE, président du groupe UMP de l’Assemblée nationale, avait suscité des controverses.
Le président du Conseil économique, social et environnemental, M .Jacques DERMAGNE, a répondu au président de l'Assemblée nationale, précisant que sa réponse " ne constitue pas un avis de l’assemblée (...) même si tous les groupes ont été consultés ", mais " reflète la position du Bureau au sein duquel tous les groupes représentant la diversité des organisations de la société civile disposent d’une voix " :
" Les représentants des groupes du Conseil économique, social et environnemental entendent les arguments des promoteurs du projet de fiscalisation des indemnités de courte durée", écrit M. Jacques DERMAGNE, qui rappelle par ailleurs que l’Assemblée qu'il préside est très " attachée à l’universalité de l’impôt associée à la justice sociale "étant" consciente de la nécessité impérative de réduire les déficits publics". Ainsi, il existe " une large majorité de groupes pour soutenir toutes mesures visant un rétablissement de l’équilibre des comptes publics en agissant d'abord sur la dépense mais également sur le niveau des prélèvements obligatoires ".
« Cependant, une évolution dans ce domaine ne peut se concevoir en dehors d'une approche globale de l'ensemble du système ". En effet, poursuit le président du Conseil économique, social et environnemental, " au nom de l’équité et de la justice sociale, ces mesures ne sauraient revêtir un caractère parcellaire désavantageant une catégorie de la population ; en outre, " même si les accidents du travail sont en diminution (...) les contribuables concernés apparaissent en quelque sorte comme des bénéficiaires involontaires d'une niche fiscale ".
De fait, "il semble injuste de les stigmatiser par une mesure spécifique, d'autant que cette sanction financière sera sans conséquence sur une évolution quelconque du volume ou de la gravité des accidents du travail ".
Or, écrit M. Jacques DERMAGNE, « les victimes d’accidents du travail demeurent des victimes et les indemnités qu'elles perçoivent à ce titre ne doivent pas (...) même lors d’une interruption temporaire d'activité, relever d’un traitement fiscal différent de celui des autres indemnités obtenues par exemple à l' occasion d'un accident de la circulation ".
Enfin, poursuit le président du Conseil économique, social et environnemental, " les indemnités journalières visées par le projet de fiscalisation présentent un caractère forfaitaire limité à 60%% du salaire plafonné ; elles ne compensent donc que partiellement la perte de rémunération due à l’accident et la défiscalisation contribue à atténuer la perte de revenu ainsi engendrée.
Par ailleurs, " si ces indemnités devaient être soumises à l’impôt, les organisations syndicales paraîtraient fondées à revendiquer une hausse du montant alloué aux salariés, ce qui ne manquerait pas d’induire un accroissement des cotisations des employeurs et partant, une perte de compétitivité des entreprises ".
Il apparaît donc aux membres du Bureau du Conseil économique, social et environnemental que " prise isolément", cette mesure " est susceptible d'entraîner une détérioration du climat social, disproportionnée au regard de son avantage budgétaire, qui " serait de 150 millions d'euros ". En outre, cette mesure " risque de compromettre des avancées nécessaires dans la concertation entre partenaires sociaux sur la pénibilité et sur la prévention des accidents du travail, alors que le stress au travail devient un élément de plus en plus prégnant parmi les salariés "
Dans ces conditions, conclut la lettre du président du Conseil économique, social et environnemental," l’abandon de ce projet, qui aurait mérité une étude d'impact, serait le bienvenu dans l' immédiat, mais pourrait en revanche trouver sa place dans le cadre d’' une remise à plat de l'ensemble de notre système de prélèvements fiscaux et sociaux poursuivant deux objectifs complémentaires ; conforter la compétitivité et relever le potentiel de croissance de notre économie, tout en renforçant la cohésion sociale , ce qui suppose d'inscrire cet enjeu dans le cadre général de la recherche d'une plus grande justice sociale ; c' est la condition de l'acceptation par nos concitoyens de ces prélèvements et de leur efficacité au service de l' économie française ".
CONSEIL ECONOMIQUE,
SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL
Laurent FUENTES
Conseiller de Saint-Martin
M. Daniel GIBBS
Vice-Président de la Collectivité de Saint-Martin
Port de Galisbay
97150 Saint-Martin
Saint-Martin, le 15 septembre 2009
Ref. : lf 2009-09-02
Monsieur le Vice-président,
Je suis régulièrement relancé par les professionnels du secteur bancaire au titre de l’alternative que la Collectivité de Saint-Martin et les services de l’Etat se doivent d’apporter en remplacement des garanties de type Fonds Dom ou Sofaris.
Bien que n’étant pas spécialiste du sujet ici traité, j’observe, aux dires des représentants du secteur bancaire et d’une association de commerçants, que l’absence de ces garanties serait à l’origine d’échecs sur d’importants dossiers de demande de financement.
A cet égard, je vous saurais gré de bien vouloir me tenir informé de l’avancée de vos travaux (dont je sais qu’ils sont entamés) afin d’offrir aux professionnels de Saint-Martin l’important outil de gestion et de développement qui leur est dû en lieu et place des anciennes garanties à laquelle la Collectivité de Saint-Martin n’est plus éligible.
D’avance je vous en remercie et vous prie d’agréer, Monsieur le Vice-président, mes salutations distinguées
Laurent Fuentes
Ci-dessous, texte inrégral de mon intervention au CESC de Saint-Martin le 9 Septembre 2009.
Monsieur le Président du Conseil Economique Social et Culturel
Mesdames, Messieurs les conseillers,
Permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour cette invitation à assister à vos travaux…. travaux dont je suis attentivement le déroulement depuis l’installation de votre assemblée.
Les conseillers qu’il m’arrive de rencontrer, de façon parfois informelle, connaissent mon attachement au bon fonctionnement des institutions – de toutes les institutions – et que chacune d’entre elle soit respectée mais aussi – et peut-être surtout – utilisée et sollicitée dans ses domaines de compétence et d’expression.
Je crois à la complémentarité des institutions : Élus locaux, CESC, représentations nationales etc. doivent jouer leur rôle et accomplir leur mission mais ne doivent jamais oublier de privilégier l’intérêt général ; y compris au prix de quelques décisions difficiles.
Je n’oublie pas à cet égard le rôle capital de la toute nouvelle chambre interprofessionnelle.
Vous m’avez demandé de vous présenter le Conseil Economique Social et Environnemental (le CESE) et les travaux de section qui s’y déroulent. Je ne doute pas que les membres du CESC sont déjà bien informés des réalités du quotidien du conseil, je serais donc bref.
Sous sa forme actuelle, le CESE existe depuis 1958 mais il faut remonter à 1925 pour en voir les prémices avec la naissance du CNE (Conseil National Economique) créé sous l’impulsion de Léon JOUHAUX alors secrétaire général de la CGT.
Depuis 1958, l’assemblée a été peu réformée. J’y reviendrais un peu plus tard.
Comme vous le savez, le Conseil Economique Social et Environnemental est une assemblée consultative ; elle est constitutionnelle donc indépendante des pouvoir législatifs et exécutifs ; elle est représentative des organisations professionnelles et de la société civile.
Le fonctionnement et l’agenda du Conseil Economique Social et Environnemental sont dictés par les nombreuses saisines dont il est destinataire. Les saisines peuvent être internes (ce sont les auto-saisines) ou encore gouvernementales.
Les travaux du Conseil Economique Social et Environnemental sont rythmés à raisons de deux assemblées plénières mensuelles de Septembre à Juillet. Personnellement, je me rends en moyenne à une plénière par mois.
Ainsi, sur les seuls 12 derniers mois, le Conseil Economique Social et Environnemental a été appelé à s’exprimer et à voter des avis et rapports sur plus de 30 saisines ou auto-saisines. Au milieu de celles-ci, on retient les avis sur :
Comme vous le voyez, l’étendue de nos travaux est assez large et ceux-ci sont consultables en intégralité sur le site internet du conseil.
La section des activités productives au sein de laquelle je représente le groupe de l’outre mer a fait voter des avis au gouvernement sur des thèmes capitaux parmi lesquels :
Mais la mission du Conseil Economique Social et Environnemental s’arrête-t-elle, Monsieur le Président, à la rédaction d’avis et de rapports ? A cette question, je serais tenté de répondre un NON formel mais pour étayer mon propos je voudrais vous citer Jacques Dermagne Pdt. du Conseil Economique Social et Environnemental depuis 1999 : « Il faut dépasser cette approche pour identifier le rôle concret du Conseil au sein de nos institutions. Notre mission se matérialise, derrière la lettre de la constitution, par un ensemble d’activités, voire d’attitudes qui sont indispensables à la démocratie, mais qui relèvent du non-dit ; cette valeur ajoutée impalpable, faite d’habitude de dialogue, de pédagogie collective, d’apprentissage de l’autre, d’échanges entre catégories socioprofessionnelles ». Fin de citation.
Plus singulièrement ces « rapports informels » permettent des avancées certaines sur des dossiers qui concernent directement nos collectivités : Ainsi, nous avons pu obtenir du gouvernement l’aval pour l’installation d’un RSMA à Saint-Martin ; nous avons fortement pris en compte les spécificités locales en matière de santé dans l’avis sur l’offre de santé en outremer remis au Ministre (et dont je vous ai adressé un copie M. Le Pdt) et qui ne restera pas sans suite; le rôle du Conseiller économique s’inscrit aussi dans le cadre des rapprochements entre des investisseurs extérieurs et les décideurs politiques locaux et ce à peu près dans tous les domaines ; le conseiller économique peut aussi revêtir l’habit du lobbyiste afin de défendre à Paris ou ailleurs les intérêts de sa collectivité.
Comme vous le savez, Monsieur le Président, le Conseil Economique Social et Environnemental vit une actualité particulière puisque la mandature 2004-2009 qui devait s’achever ce mois-ci a été prorogée afin de permettre au gouvernement de statuer et de proposer aux assemblées un projet de loi organique qui pourrait prendre effet dès l’été 2010.
Ce projet de loi, qui reprend les recommandations de la commission Balladur et les « volontés » du chef de l’état, viendra réformer le conseil dans un souci de modernité, d’efficacité et de meilleure représentativité.
Si l’hémicycle du nouveau CESE est revue en profondeur avec notamment l’arrivée en force de nouveaux courants comme les écologistes, je suis assez soulagé de vous indiquer, M. le Président, que la représentation de l’outre-mer devrait être maintenue à l’identique.
« Soulagé ! », parce que la plupart des premiers projets de réforme nous faisaient purement et simplement disparaître, j’observe, à cet égard, que les interventions des Conseillers du groupe de l’outre-mer auprès des plus proches conseillers du Premier Ministre et du Chef de l’Etat, ont été, à ce stade, entendus. On peut donc raisonnablement penser que Saint-Martin continuera d’avoir un représentant au CESE pour les prochaines années.
Voila M. Le Président, une rapide et forcément incomplète présentation de l’assemblée consultative où j’ai l’honneur de siéger. Je me tiens à la disposition de vos questions ou commentaires. Je vous remercie.
Les travaux des conseillers du groupe de l’outre mer au Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) sont parfois méconnus tant les missions de l’assemblée consultative sont multiples et guidées par un agenda national.
Aussi, c’est avec un plaisir et une fierté non dissimulée que je vous informe que l’avis de ma consœur Jacqueline ANDRE-CORMIER sur l’offre de santé dans les collectivités ultramarines a été voté à l’unanimité par le CESE.
L’avis (dont le texte intégral est téléchargeable à : http://www.conseil-economique-et-social.fr/rapport/Avis_J_ANDRE_CORMIER.pdf) trace un bilan sans concession de la situation de l’offre de santé outre-mer. Afin d’établir son rapport et son projet d’avis, Mme ANDRE-CORMIER a parcouru en quelques mois l’ensemble des 11 collectivités ultramarines françaises.
Dès lors, Mme ANDRE-CORMIER, accompagnée de son expert Jean-Philippe HARDY, s’était rendu à Saint-Martin en Février dernier. A cette occasion, nous avions organisé les rencontres avec les parties prenantes en la matière : DSDS, Hôpital, COM, Préfecture, Veille sanitaire, associations des médecins libéraux …. à qui j’adresse d’ailleurs mes sincères remerciements pour leur contribution à nos travaux.
L’avis de Mme ANDRE-CORMIER aborde tous les aspects du dossier sans restriction et ouvre des pistes de réflexion tous azimuts : Promotion
de la prévention et de l’éducation à la santé, la télémédecine, la coopération régionale, coopération entre les collectivités d’outre-mer, amélioration du recrutement et le financement des
hôpitaux, optimisation des gardes et des urgences etc.
Dans quelques jours, 375 millions d’européens voteront pour exprimer leur sensibilité et leurs ambitions dans une assemblée de 736 députés.
Je ressens un sentiment de fierté à appartenir à une communauté qui a su préserver « pays par pays » ses spécificités, ses cultures, ses identités tout en nous invitant à nous accorder autour de valeurs communes importantes comme la solidarité ou encore la mixité.
Que de chemin parcouru ! Dimanche les Bulgares et les Roumains voteront pour la première fois pour désigner leurs représentants au parlement européen… mais qui se souvient du temps, pas si lointain, où ces gens là n’avaient même pas le droit de vote ?
Je suis de la génération de ceux qui ont connu les contrôles aux frontières, les multiples monnaies, le serpent monétaire, les difficultés à étudier (pour un français) dans un pays hors CEE de l’époque. Et que dire de ces temps (heureusement révolus) où il existait deux Allemagnes et un bloc de l’Est où le seul droit des citoyens était de se taire !
Le rôle de l’Europe et l’attrait pour une appartenance à une société commune sont pour beaucoup dans la recherche de liberté de ces pays aux immenses richesses culturelles.
Certes, tout n’est pas rose sous les cieux Bruxellois ou Strasbourgeois et certaines dispositions peuvent parfois nous sembler inadaptées ou contraignantes. La route est encore longue.
Malgré les enjeux, malgré le rôle prépondérant des lois communautaires dans notre quotidien, les élections européennes affichent des taux d’abstention nettement supérieurs à ceux observés lors d’élections nationales ou régionales.
Il en est ainsi à Saint-Martin comme en « métropole » où ces élections là déplacent peu les foules.
A qui la faute ? Les politiques sont-ils avares d’explications du rôle de l’Europe dans nos vies ? Considérons-nous l’appartenance à la collectivité européenne comme une contrainte et non comme un atout ?
Pour ma part, je crois que la population de Saint-Martin doit affirmer son appartenance à la communauté européenne par un vote massif. Le moment venu, Saint-Martin devra aussi déterminer la nature de cette appartenance (R.U.P. avec ou sans dérogations ou P.T.O.M.).
Je crois en une Europe centrée autour de l’humain trop longtemps oublié des débats nationaux et transnationaux. Nous devons à l’Europe nos considérations et nos règles environnementales et écologiques. Nous lui devons aussi l’interaction entre des cultures multiples et enrichissantes. Grace à l’Europe, nous pesons économiquement face aux grands blocs économiques et commerciaux. Saint-Martin peut et doit profiter de ces leviers.
Alors, le 6 Juin, votez pour qui vous voudrez, mais votez !
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