La pensée du jour !

La politique et l’économie sont liées l’une à l’autre comme le sont l’action et la vie.

Charles De Gaulle
Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /2009 16:39

Des précisions suite à l’interview du Saint-Martin’s Week :

 

Madame, Monsieur,

 

Dans votre édition du 9 Novembre 2009, vous rapportez en page 6 un extrait d’une très courte interview « sur le pouce » que j’ai accordée à votre journaliste parisien au sortir de la cérémonie de rétrocession des états généraux de l’outre-mer par le président de la république le 6 Novembre.

 

Si je ne me connaissais pas, je serais tenté de penser, en me lisant, que je suis frappé de dyslexie ou bien encore que je fus distrait pendant l’allocation du chef de l’état.

 

Quelques précisions s’imposent :

 

A la question posée par votre correspondant (Qu’avez-vous retenu du discours du président et des EGOM en général ?) j’ai effectivement insisté sur les diversités entre les outres-mers et sur la nécessité de prendre en compte les spécificités des collectivités ultramarines (11)… à fortiori lorsque l’on mène  une réflexion stratégique. En effet, comment imaginer qu’une recommandation s’adressant à Saint-Pierre et Miquelon puisse s’appliquer sans adaptation et ipso-facto à Mayotte ou encore Wallis et Futuna.

 

A cet égard, les propos du chef de l’état furent sans équivoque et je le remercie pour cela.

 

J’ajoute que les travaux du Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) et plus particulièrement du groupe de l’outre-mer (Forum des outres-mers européens en Novembre 2008) dans lequel je siège ont effectué un travail considérable pour que ces différences soient intégrées dans tous les dossiers et tous les projets.

 

Concernant l’exemple de la viande brésilienne, j’ai voulu rapporter les aberrations auxquelles sont soumises certains de nos territoires. Ainsi, et je cite le chef de l’état : « Le commerçant guyanais ne peut acheter de viande brésilienne …. ou  plutôt si, si il la fait venir de Rungis ». De ce point de vue là, je retiens du discours du Président la volonté de casser certains tabous ou usages qui empêchent la plupart du temps nos collectivités de commercer dans leur environnement géographique propre. Il en va ainsi de la proposition du CIOM spécifique à Saint-Martin et qui tend à « améliorer l’adaptation des normes communautaires aux réalités locales en renforçant la mise en œuvre de l’article 299-2 du traité CE ».

 

Enfin, et chaque observateur l’aura constaté, si l’on ne peut faire l’économie de mesures d’ordre général, d’adaptation de certaines règles européennes ; si on ne peut que se féliciter que les EGOM induisent par ailleurs un renforcement des services de l’état …. il n’en demeure pas moins que l’avenir de Saint-Martin se décide principalement  au sein de ses instances propres. En ce sens, il est important que la majorité au Conseil Territorial de la COM poursuive son travail de réforme tout en s’appuyant, lorsque cela est nécessaire, sur sa représentation nationale (Sénat, CESE).

 

J’ajoute, en ma qualité de membre d’une assemblée des socioprofessionnels, qu’il me semble que les associations de  commerçants, d’entrepreneurs etc. devraient être plus formellement et plus régulièrement consultées  par les instances politiques de la COM dans le cadre des orientations stratégiques et économiques de notre territoire.

Par Laurent Fuentes - Publié dans : St-Martin économie
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